Le burn-out reconnu comme maladie professionnelle ?

Depuis le 1er septembre 2014, le stress et le burn-out sont considérés comme des 'risques psychosociaux'. Selon les chiffres de l'INAMI, ils représentent la première cause d'invalidité, à raison de 93 000 cas par an. Cela correspond à une augmentation de 70% sur les dix dernières années.

Vu l'ampleur du problème, beaucoup sont d'avis que le burn-out doit être reconnu comme maladie professionnelle. La ministre des Affaires sociales, Maggie De Block, n'a toutefois pas l'intention de s'engager dans cette voie. Elle précise, à la Chambre, qu'elle ne veut pas inscrire le burn-out sur la liste des maladies professionnelles reconnues en Belgique.

La ministre est néanmoins d'avis que le burn-out doit faire l'objet d'une reconnaissance comme 'maladie en relation avec le travail'. Grâce à une telle reconnaissance, le Fonds des maladies professionnelles, associé à d'autres acteurs, comme le médecin du travail, peut entreprendre des actions dans le cadre de la prévention secondaire. Selon une récente étude du Conseil socio-économique de Flandre, 9,6% des travailleurs flamands courent un risque sévère de burn-out.

Dans le cadre de la prévention secondaire, la ministre fait référence à un protocole déjà conclu entre le Fonds des maladies professionnelles, le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale et l'INAMI. Par ce protocole, les institutions entendent développer un ou plusieurs modèles d'action préventive.

Il s'agit de proposer des mesures préventives d'accompagnement et de soutien pour les travailleurs encore au travail mais menacés de burn-out ou de problèmes psychosociaux liés au travail. Il peut s'agir aussi de définir un ou plusieurs trajets de réinsertion adaptés aux personnes en arrêt de travail prolongé à la suite d'un burn-out ou de problèmes psychosociaux liés au travail.

La 'maladie en relation avec le travail' - notion introduite à l'article 62bis des lois coordonnées sur les maladies professionnelles - se distingue des vraies maladies professionnelles et des maladies qui ne figurent pas dans la liste des maladies professionnelles, mais elle est la conséquence directe et majeure de l'exercice de l'activité professionnelle. Le lien de cause à effet entre l'activité professionnelle à risque et la nature de la maladie est déterminant.

Si ce lien est suffisamment fort, une inscription sur la liste des maladies professionnelles est envisageable. Dans la négative, il ne s'agit pas d'une maladie professionnelle mais d'une maladie en relation avec le travail. Il est possible d'élaborer, pour ces maladies, un ensemble de dispositions sur mesure, comme ce fut, notamment, le cas pour les maux de dos.

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